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Ce roman décrit un jeune homme, Michel, lauréat d'un prix de poésie latine, dans le monde de 1960 où la science a triomphé, alors que la littérature, la musique, la peinture sont méprisées.
On découvre dans cette œuvre de jeunesse un Jules Verne très pessimiste ; dans ses autres romans, il ne fera apparaître cet aspect de sa personnalité qu'à la fin de sa vie. Il créé un monde qui nous paraît tellement futuriste qu'on a de la peine à croire que ce roman ait pu être écrit en 1863: des trains de métro propulsés à l'air comprimé, des voitures à hydrogène, des machines étonnantes ressemblant à nos photocopieuses et à nos ordinateurs. Jules Verne y anticipe l'augmentation du trafic motorisé, la formation des banlieues, l'abandon du grec et du latin dans nos écoles, l'évolution de la musique qui n'est plus chantée, mais hurlée, et l'influence néfaste de l'anglais sur le français. Il imagine que les hommes-machines travailleront dans des bureaux kafkaiens et que la seule idéologie de l'homme moderne sera le profit. A travers le regard ironique de son héros, Jules Verne dresse une critique de notre société qui mène à l'aliénation et à la surveillance totale de l'individu par les machines; les robots n'arrêtent pas seulement les voleurs dans les banques, ils prononcent et exécutent également la sentence... Une très bonne réflexion sur le futur de l'époque qui est notre présent, à peu de chose près. Le livre se lit assez rapidement et sans grande difficulté.