Avant sa sortie, RE5 se montrait sous un très beau jour avec tout un tas de capacités nouvelles : le temps d'adaptation à la lumière et à l'obscurité, la déshydratation qu'il fallait éviter en buvant, des vagues d'ennemis qui n'en finissent pas et un bourreau géant invincible qui nous suit partout. Voilà tout ce que l'on pouvait espérer.
Mais la crise est là et frappe absolument tout. Plutôt que de prendre des risques qui pourraient être assez coûteux, les développeurs décident d'assurer leurs arrières. Ainsi, les vagues d'ennemis sont réduites, l'adaptation obscurité/lumière et la déshydratation ont été abandonnées (quel dommage !) et le bourreau n'est présent qu'au tout début. La restriction est dure mais loin d'être terminée.
En effet, Capcom décide d'abandonner l'innovation pour reprendre ce qui avait déjà plu autrefois. Nous retrouvons donc les tronçonneurs, mais aussi "Ndesu", une variante de El Gigante. Mais ce n'est pas tout. Le Boss marin issu du personnage de Ricardo Irving ressemble de près au monstre issu de Salazar de RE4 (de même, les deux personnages sont dans la même catégorie de "tête de con") et de loin à la She-Viper de Devil May Cry 4. Le tout premier Boss quand à lui s'affronte dans un lieu très proche de celui où on affronte le premier Verdugo et le combat garde le même système avec le recours aux bombonnes. La scène avec la poursuite en moto fait étrangement penser à un niveau complet de Gears Of War 2. Le Boss final est proche de la version monstre de Krauser. De même, d'autres lieux et évènements seront directement issus de RE4. Seuls quelques éléments du bestiaire apportent un plus dans l'évolution, notamment les petites araignées, Adjules (les nouveaux Cerbères) ainsi que certains Boss et les créatures volantes sortant des corps des villageois.
Et voici que Wesker entre en scène. Quoique son apparition marque les esprits, ce Wesker là s'éloigne un peu du Wesker que l'on connaissait jusque là. Il se cache derrière le "Je ne suis pas en train de détruire le monde, je le sauve" alors que le vrai Wesker n'en a strictement rien à faire du monde (je vous rappelle que son humanité s'est envolée). Dans un combat contre lui, il est relativement calme alors qu'il pourrait détruire Chris et Sheva un bon nombre de fois durant tout le jeu. Wesker est légèrement en dessous de nos attentes.
Au final, on peut dire que Resident Evil 5 déçoit par son manque presque total d'innovation. Néanmoins il n'est pas un simple copier-coller car les évènements sont camouflés dans l'histoire et certaines allusions à RE4 pourraient passer inaperçues aux yeux non attentifs. Le jeu reste bon car on y joue avec plaisir et Capcom a très bien utilisé la rejouabilité avec les bonus. La série, à défaut d'innover, tiens compte des erreurs du passé et transforme le système des deux personnages merdique du 0 et moyen dans Outbreak en un très bon système ici. Capcom réussi à maintenir RE5 dans les bons jeux et même s'il est trop proche de RE4, il reste un jeu à part.<o:p></o:p>